01.08.2008
Derniers commentaires : 05.08.2008 / 15h31 Mouais raccoleur..... voir

BACKROOMS, LE CUL EN BOÎTE

Reportage StreetReporters s'est invité dans l'univers des backrooms du Marais, ces boites réservées aux gays (ou non d'ailleurs) pour s’envoyer en l'air. On passe allègrement d'une immersion foirée du premier soir aux orgasmes presque mélancoliques du deuxième. Bienvenue dans le sex-market parisien.

backrooms-streetreporters
Quand on a lancé l’idée un beau matin, l'initiative, en tout cas, a fait jasé la rédac'. Mais, (comme il fallait s’y attendre pour ce genre de sujets…) on se retrouve rapidement à 6 volontaires, dont 2 filles. Autrement dit : discrétion assurée. On se rejoint donc vers 22h et on prend un pot en attendant de pouvoir pénétrer dans les fameux backrooms. Là encore, rien de bien surprenant, certains sont un peu à l'Ouest ("Ah Bon, on va voir des gens qui vont ...?"), alors que les autres sont plutôt destroy par une journée passée à la Rédac'. Jusqu’ici tout va bien. On se dirige au bout d'un moment vers la rue aux Ours, où se trouve le Dépôt, le plus grand sex-club européen. Des palmiers et un vigile taille XXXXL standards nous accueillent. C'est le bide total : on s'est mal compris avec le responsable de la boîte, il n'a pas précisé que les filles étaient indésirables dans sa boîte, même si elles veulent juste mater.

Vu qu'on n’allait pas laisser Marion et Elodie poireauter avec leurs yeux de biche refoulées, on jette notre dévolu sur un autre spot, l'Eagle, un endroit où les filles peuvent au moins rester à l'étage histoire de siroter un verre. Au bout d'un moment, les garçons les laissent et descendent : en fait, il n'y a pas grand monde, mais l'endroit aux nombreux recoins est relativement attrayant, avec bar clinquant, ses fauteuils bordeaux alignés bien sagement et son micro dance-floor. On s'enferme tous les quatre dans une sorte de fumoir et on attend. La démarche porte vite ses fruits : un mec entre, puis deux, et ainsi de suite, jusqu'à ce qu'on soit 9 dans la pièce. La tension sexuelle est à couper au couteau : les mecs se positionnent, avancent avec stratégie, s'observent, et surtout, ne parlent pas. Pendant ce temps, on en oublie Marion et Elodie, dépitées, qui zonent dans les chiottes. En même temps, elles ratent une immersion 100% crédible : entre Lucilien qui danse frénétiquement tout seul, Mathieu qui observe la scène avec des yeux ronds, tandis que Torrance et moi taillons la bavette comme dans un salon de thé. La fine équipe des Street Reporters ressemble plutôt à l'équipe de Scoubidou, (le clébard en moins), qu'à des journalistes en pleine enquête. Au moins les autres gars flairent-ils le mauvais coup et les voilà qui détalent, en devinant qu'ils n'ont rien à tirer de nous (pardon pour le jeu de mots). "C'est pas mon truc, mais je comprends que ça puisse être excitant ce genre d'endroit", lance Mathieu. On finit par rejoindre les filles qui nous pressent de questions, auxquelles on répond avec l'assurance blasé des jeunes initiés ("Franchement, ça va, c'est cool") avant de replier lamentablement au Banana Café, la marque inavouée de l'abdication générale.
Pour commencer, des palmiers et un vigile taille XXXXL standards
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"Franchement, ça va, c'est cool"
OBSERVER des mecs qui vont baiser ?
Il ne reste plus qu’à prendre rendez-vous pour la semaine suivante, de nouveau, au Dépôt, mais cette fois sans les filles, même si Marion a la gentillesse de proposer de se déguiser en Mario. D’ailleurs, en deuxième semaine, tout le monde se dégonfle. Torrance et Lucilien sont crevés, Mathieu est à la bourre sur son rapport de stage, Johan doit "aller à la piscine" et mes potes affirment, un par un, qu’ils ne peuvent pas m'accompagner. En même temps, proposer à des mecs hétéros "Tiens, ça te dirait de visiter des backrooms pour observer?", y'avait mieux comme accroche.

On y va donc seul, avec beaucoup de questions et d'a priori. L'endroit est assez déroutant, une sorte de labyrinthe de 1.500 m2, avec des écrans qui diffusent des pornos de tous les côtés, où de sombres cabines innombrables n'attendent plus que leurs locataires furtifs. La déco est ultra minimaliste, de sorte que le regard du client se porte sur les autres clients ... et le bar. Les hommes ne parlent que très peu, comme à l'Eagle. Mais ici, même un soir de semaine, il y a quand même du monde : on constate vite d'ailleurs que, chacun joue au chat et à la souris. On flippe, par exemple quand un grand brun nous suit à la trace, mais on se rend compte qu'il faut s'y faire. Au bout de quelques minutes, la personne arrête quand elle voit qu'on n'a pas envie de faire quoi que ce soit avec elle. Je dois avoir l'attrait du petit nouveau. "Je viens ici très régulièrement, et je peux te dire que ce soir par exemple, y'a la moitié des gens que j'ai déjà vu ici" nous dit un jeune homme athlétique. On lui demande pourquoi il se plaît autant ici. "En fait, je trouve ça glauque. Pourquoi ? En fait, je viens ici quand je n'ai pas trouvé un plan cul sur Internet. Au Dépôt, on trouve de tout, surtout le dimanche soir : ce soir là, y'a tous les mecs qui eux non plus n'ont pas trouvé de plans et qui viennent tirer leur coup ici."
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"En fait, je trouve ça glauque.Je viens ici quand je n'ai pas trouvé un plan cul sur Internet."
JEUNES, VIEUX, loubards, éphèbes, noirs… SEX-MARKET
Entre temps, on me fait signe d'entrer dans une cabine, probablement pour une fellation : on fait comme si de rien n'était. Après un laps de temps, on se rend compte que finalement, le sexe est un critère de normalité qui s'assimile très vite : on trouve ainsi naturel de voir un mec à vos trousses ou d'en voir plusieurs nous attendre dans une pièce pour une réunion pas très privée. "Ici, c'est un endroit convivial où j'aime bien venir, d'abord pour m'amuser, ensuite éventuellement pour baiser si je trouve quelqu'un qui me va", nous confie un quadragénaire. Ce qui interpelle, c'est ce côté supermarché du sexe : on y trouve des jeunes, des vieux, des éphèbes, des loubards, des blancs, des Beurs, des Noirs, des Asiat'... au diapason des films pornos diffusés, où cette diversité est soigneusement exposée. Ca ratisse large, quoi.
En réalité, les backrooms forment un ensemble homogène dédié au cul, fréquentés par des gens aux désirs hétérogènes. Que ce soit d'ailleurs sur ce que les hommes y recherchent (voyeurs, acteurs, type de mecs, type de relation sexuelle) ou concernant la manière dont ils abordent l'endroit (avec détachement pour certains, avec l'anxiété addictive de trouver un plan à tout prix pour d'autres). "Je retrouve mes amis quand je viens ici" me dit Gaetano, jeune homme bi à la plastique irréprochable "Mais tu ne les vois pas à d'autres occasions?" "Non, enfin... Ce sont des amis d'ici". En fait, il s'agit surtout d'une sphère désinhibée, d'un endroit où l'espace-temps est détaché du monde extérieur, où l'on vient pour un moment furtif qui ne rend ni triste, ni heureux, mais qui donne l'illusion d'être vivant, dans un cocon aussi étrange que rassurant.

Matthieu Barbarin, featuring Lucilien, Mathieu, Torrance, Marion, Elodie et Scoubidou

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05.08.2008 / 15h31


Mouais raccoleur..

04.08.2008 / 11h27


C ps mal. Moi j'ai appris plutot en fin d'art

04.08.2008 / 09h36


Street, le nouveau TF1 !!

04.08.2008 / 09h36


Un journaliste se fait plaisir un soir et il en fait un article :-)
Moi j'aurai préféré un truc hétéro..

04.08.2008 / 09h35


Pour info, les filles sont acceptées au Dépot. Je crois qu'on vous a vu venir..

04.08.2008 / 09h34


Mouais. Bof c'est article. j'attendais plus de choses.

02.08.2008 / 19h50


1500 m2........ je me demande ce qu'on peut faire sur 1500 m2. C'est une arène et puis ça doit être vide de chez vide avec une telle superficie

02.08.2008 / 17h18


c comme les mecs qui vont voir les filles sauf que cette fois, c gratuit, koi

01.08.2008 / 22h09


La franche rigolade du début laisse la place à une sorte de tristesse qd ça devient sérieux. Même ceux ki adorent ça, je sais ps s'ls kifent tant que ça.

01.08.2008 / 20h27


les orgasmes ont tjrs quelque chose de mélancolique


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