The Roots, Portishead, The Last Shadow Puppets
11h. Zik 4 next week L'album de la semaine prochaine, c'est Rising Down du groupe de Philadelphie The Roots. Attention, le Hip Hop US est dans la place.|
Third / Portishead
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Dix ans après leur dernier album, le groupe Portishead revient sur le devant de la scène avec Third, qui, comme son nom l'indique, est le troisième opus du groupe. Auréolé de l'étiquette trip-hop, le groupe natif de Bristol, toujours emmené par la chanteuse Beth Gibbons, s'est fait connaître par sa capacité à fusionner et à saccader les rythmes de leurs références musicales. Et le fait est que Third ne déroge pas à la règle : on y trouve des sonorités minimalistes bravant les lois de la cadence, accompagnées par le talent vocal de Gibbons qui oscille entre omniprésence rêvassée et attention distante. La force principale de ce projet vient essentiellement de la cohérence de la production, bien léchée et facilement identifiable. En revanche, la branche trip-hop qui a permis d'asseoir la réputation de Portishead n'est ici pas exploité : le groupe picore ici et là, que ce soit dans des vagues pop mi-electro mi-progressive, ou dans des éléments orientaux aux relents jazzy. On relève les excellents Machine Gun et Magic Doors, ainsi le salvateur Plastic et l'entêtant We Carry On. On a cependant parfois le sentiment que Portishead n'a pas vraiment évolué, que Third n'est qu'un substrat dans l'air du temps de ces prédécesseurs. La faible accessibilité mélodique proposée par le groupe est également un point faible dommageable, surtout lorsque l'on explore les pendants de la fusion relatifs à la pop. Third fait parti de ces valeurs sûres qui raviront les initiés. L'enchaînement des chansons fait la part belle aux impressions judicieusement mélancoliques, agrémentés d'une justesse thématique indéniable. On s'interroge cependant sur l'authenticité un brin théâtrale proposée par Portishead (et sa maison de disques), et sur la propension évidente du groupe à se regarder le nombril, comme s'il cherchait ses références dans sa propre musique. |
Portishead fait du Portishead, se regarde le nombril et cherche des références dans sa propre musique
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Rising Down / The Roots
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Le groupe hip-hop The Roots, natifs de Philadelphie, a toujours fait figure d'exception dans le milieu hip-hop US, laissant une large part aux instruments que ce soit en studio ou sur scène. Ils ont aussi pour particularité d'éviter les thèmes redondants et clichés du hip-hop, sans être pour autant aussi guimauves que les R&B Boys II Men. Rising Down, huitième livraison du groupe fondé par ?uestove et Black Thought, est dans la lignée des précédentes propositions de The Roots. Même si les productions sont assez inégales, cet album montre que l'on peut allier tout le côté savamment brut du hip-hop à des mélodies presque pop, mettant de côté les habituels hooks répétitifs et non hypnotiques du hip-hop US version XXIème siècle (le très bon I Will Not Apologize). Après l'album The Game, politique et virulent, Rising Down se projette donc vers un retour entertainment et musical très nineties. Les featuring sont légions dans l'opus, et généralement bien employés (la bonne collaboration de Patrick Stump sur Birthday Girl, ou les apparitions de Dice Raw, ex de The Roots revenu en ami sur les catchy Get Busy et Singing Man). Ceci étant dit, l'ensemble de l'album tarde à se décanter : les morceaux introductifs sont un peu lourds, comme encore embarrassés par les affres du précédent album. On a donc tendance à envisager cet album comme une suite de hits mal coordonnés encore under construction. Reste qu'on tient dans les mains un bon album, réhabilitant de manière ostentatoire les qualités d'un hip-hop revenant vers ses fondamentaux mélodiques, grâce à l'expérimentation de tonalités pop. Une tracklist plus étudiée, ainsi qu'une production faisant justice aux compositions du groupe, auraient probablement réussi à convertir bon nombre de récalcitrants au hip-hop. |
Le côté savamment brut du hip-hop allié à des mélodies presque pop
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The Age of Understatement / The Last Shadow Puppets
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The Age Of Understatement est un album-concept, a priori ponctuel, voulu par Alex Turner (leader des Arctic Monkeys) et Miles Kane (Lead Singer de The Rascals.) Jouant tous les deux dans la cour du rock option indie, on pouvait légitimement s'attendre à quelque chose du même acabit. Curieusement, ce n'est pas le cas. Il s'agit d'un opus à la production résolument pop, toujours pioché dans des influences indies, articulé autour de chansons à l'imaginaire mélancolique. Les choeurs assurés par les deux interprètes ont une complémentarité édifiante et participent à la cohésion générale de l'album. On retient notamment les bons The Time Has Come Again et Only The Truth. Malheureusement c'est à peu près tout. The Age Of Understatement est court (36 minutes), non pas parce qu'on en redemande, mais plutôt parce que l'on reste sur sa faim. Les productions sont bonnes, mais millimétrées ; les voix sont bonnes mais prévisibles : ils sembleraient que ces jeunes papes de la génération MySpace aient oublié que l'on peut basculer du rock vers la pop sans pour autant vider tout l'aspect mélodique et fantaisiste de leur musique. Quelque part, cet album est comme un puzzle que l'on a envie de déconstruire, comme si l'on faisait face à des pièces bien assemblées qui nous laisseraient dans un état contemplatif stérile. On ne dira pas pour autant que c'est un mauvais album : il est bien composé, bien interprété et bien calibré dans ses enchaînements. Mais il lui manque une dose d'inventivité que l'on attend avec mollesse. On en garde donc une saveur mi figue mi-raisin qui tourne parfois au vinaigre. |
Les jeunes papes de la génération MySpace ont oublié que l'on peut basculer du rock vers la pop sans pour autant vider tout l'aspect mélodique et fantaisiste de leur musique
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Matthieu Barbarin













09.05.2008 / 13h35
ALFRED NAUNîMES
10.05.2008 / 15h05
ALFRED NAUNîMES
11.05.2008 / 15h50
ALFRED NAUNîMES
11.05.2008 / 18h05
Bernard Abouaf
www.streetreporters.net